A ma jeunesse végétative, je dédie.
Ma vieillesse contemplative.
Le bilan d’un anonyme. Qui n’aura finalement rien accompli.
Rien branlé.
Un constat contiens dans sa définition un aveu d’échec, d’impuissance et de non volonté.
Je suis le fruit de mon constat. Mon être en résultante. Le reste d’un quotient.
Dont on ne sait que faire.
Testament stérile.
Témoignage navrant d’une grosse feignasse.
Végétatif. Tel est mon nom.
Génération dégénéré. Orpheline. Je n’ai aucun combat à mener, aucun idéal à soutenir.
Je bulle dans mon confort, en regardant ce monde sombrer dans le chaos et les gens crever sous mes yeux avec une indifférence totale. Je m’en bas. Bouffi. Gavé de chips barbecue, je mesure l’être abjecte que je deviens. Et je ne fais rien.
Devenu insensible à la misère humaine, je veux juste végéter. Pépère.
Et crever.
En lâchant une caisse. Sur ce monde.
Une civilisation s’effondre. De la plus pitoyable manière. Sans feu.
Et sans froc.
Cette pornographie intellectuelle.
Hédonisme. J’aimais bien ton concept. Mais regarde ce que tu as engendré.
Des parasites.
Carpe diem de mes deux.
Tu m’as bien baisé.
Dex.
"- Cette nuit j’ai rêvé que je te tuais.
- Oui. Pourquoi crois-tu avoir rêvé ?"
— Dex.
Je paierai alors le prix de l’abandon. Par le sang. Celui dans mes yeux. Celui qui se répand dans les creux. Etouffant les cieux.
Je veux abandonner les regrets, ma détresse, dans ce lit de vin. Emporté dans une chaleur pourpre et humide. Suivre la ligne qui se dessine doucement. Prend sa source dans mon être. Dans ma fin.
Ma vie s’échappe, en sens unique. Mort au goutte à goutte. Ce n’est pas douloureux finalement. Un corps qui se déverse. Sur le sol. A flots rythmés, calés sur les battements. Mes sens qui se vident. Qui me sont interdits désormais.
Le ciel devient si lourd.
Me pardonneras tu ma lâcheté ? Celle qui m’accable. Qu’il me faut libérer. Agonie. Transmet s’il te plaît, mon dernier souvenir. Dans la complainte du mourant. Dont tu pourras te nourrir.
Mon sens unique. Que je voudrais emporter. Si tu me le permets.
Serait l’oui. Entendre les anges m’emporter. Déchirer délicatement la soie de l’azur. Les rires des enfants en écho. Saluant mon départ.
Et peut être son crie. Tu m’as rendu tes sens. Interdits.
Je voudrais entendre… Si seulement j’entendais.
Je ne sens plus rien.
Tous mes sens interdits, il ne me reste plus qu’à partir.
Un point final aux lendemains.
Je laisse un sourire.
En cadeau, le sang. Dans la paume des mes mains.
Dex.